Esperanto · English · Deutsch · Français · Nederlands · Informilaro · Ligiloj · Plan/o

Français

Senlime
Babel
Esperanto
Nouveaux cours
Scolaweb
F.H.S. Orlando
Ecole Tibor Sekelj
Homaranisme
Sophrologie
Nos cours
Tourisme
Cinéma

Internacia
ligo de
Esperantistaj
instruistoj
Universala
Esperanto-Asocio

 

Un projet d'éducation interculturelle

(projet Interkulturo)


1. Pourquoi une éducation interculturelle ?

Au seuil du XXI-ème siècle, au moins pour une partie de l'humanité, les possibilités de communication augmentent rapidement du point de vue quantitatif et qualitatif. Les possibilités d'accès aux réseaux mondiaux d'information s'agrandissent, les échanges personnels de messages et de documents deviennent plus rapides, les sources publiques d'information s'enrichissent, les topologies des systèmes de communication changent. On commence à pratiquer le téléapprentissage et le télétravail.

En même temps, de profonds déséquilibres économiques internationaux poussent les gens à émigrer - avec ou sans famille - pour occuper les postes de travail qui au fur et à mesure deviennent disponibles.

De plus, après un demi-siècle où la définition géopolitique des pays est restée relativement stable on assiste, au cours de ces décennies, non seulement à d'énormes morcellements et fusions d'entières régions continentales, mais aussi à la crise du concept d'état national lui-même ; en effet, les passations de pouvoir d'un gouvernement traditionnel aux nouveaux centres décisionnels mondiaux impliquent des changements nécessaires et inévitables.

Ces nouveaux scénarios demandent la réélaboration de programmes d'enseignement, qui supposent la révision des stratégies éducatives à la suite de l'attention prêtée aux différentes régions culturelles du monde entier.

Par rapport à ce problème, on présente des modèles alternatifs dont les implications éducatives n'ont pas été sufisamment discutées:
- d'après un premier type de modèles, la culture et la langue du pays le plus fort économiquement et politiquement doivent être acceptées et répandues en tant que langue et culture de tous les pays;
- dans un deuxième type de modèles éducatifs, on souligne les différences locales en évitant des mélanges et des "hybridations";
- une "troisième voie" consiste à soutenir et à valoriser toutes les cultures et les langues, même avec des échanges réciproques dans une perspective multiculturelle, contre les pressions de domination et les impositions "impérialistes".

En bref, le problème fondamental est de savoir trouver des solutions concrètes qui puissent satisfaire, d'une part les besoins de reconnaissance des identités individuelles et ethniques, alors que de l'autre, elles se conformeraient aux exigences d'une communication facile entre les différents groupes à l'échelle mondiale.


2. Un colloque d'introduction

Ces dernières décennies on a vu quelques tentatives d'aborder les problèmes esquissés ci-dessus, non seulement au moyen d'un débat sur la presse spécialisée ou des colloques mais aussi grâce à des épreuves concrètes de pratique scolaire.

Ces expériences se sont fondues au cours du colloque sur la Politique linguistique et l'éducation interculturelle qui a eu lieu à Montpellier (France) en août 1998 et qui a été organisé par ILEI/UEA avec le soutien moral de l'Unesco/Linguapax.

Une cinquantaine d'experts en politique éducative, en glottodidactique et en pédagogie expérimentale, provenant de nombreux pays de tous les continents ont pris part au colloque.

Les travaux du colloque se sont divisés en trois sessions concernant les diférents aspects et niveaux du problème.


3. Objectifs et structure du projet

Comme le nom déjà le suggère, le projet Interkulturo vise à contribuer à l'éducation "interculturelle" des classes scolaires placées dans différentes régions géographiques qui collaborent à des recherches communes, en formant presque une seule école virtuelle.

Il faut, cependant, souligner que le terme "éducation interculturelle" est souvent utilisé dans des sens très différents de celui dont on se réfère ici, par exemple quand on entend seulement l'intégration (ou éventuellement l'acculturation) des élèves étrangers au système scolaire du pays qui les accueille, visant à surmonter les difficultés dues à la provenance de ces élèves de cultures allochtones.

Le projet Interkulturo concerne tous les élèves (immigrés et "indigènes"), car il vise à développer chez les jeunes

  • la connaissance de cultures différentes;

  • les capacités de comparaison entre les caractéristiques culturelles variables de région à région;

  • les capacités de repérer les relations qui existent entre différents facteurs géographiques (caractéristiques du milieu physique, conditions économiques, traditions historiques, rapports de voisinage, etc.);

  • la capacité d'accepter les points de vue des autres et de découvrir des types d'explication de phénomènes typiques d'autres sociétés;

  • la capacité de dépasser des conceptions du monde "égocentriques" et "ethnocentristes".

En théorie, les activités didactiques du projet éducatif peuvent être regroupées sur deux plans:

  1. l'échange et l'élaboration de documents,

  2. l'apprentissage linguistiques.

En réalité, les deux aspects peuvent opportunément se combiner et s'entremêler.

Dans la mesure du possible, les classes utiliseront comme environnement communicatif pour leur collaboration le système télématique Internet. Cependant, au moins au début, on aidera les classes qui n'ont pas encore accès à Internet avec des documents imprimés envoyés par la poste ordinaire.

La périodicité des activités sera surtout semestrielle car, comme chacun le sait, les calendriers scolaires (au moins) des hémisphères austral et boréal sont réciproquement inversés par rapport aux mois de l'année (par exemple l'hiver suédois est contemporain à l'été chilien).

Le début officiel des activités dans les classes (et entre les classes) aura lieu en septembre 1999, même si l'on peut prévoir qu'il y aura des entrées anticipées ou retardées.


4. Classes participantes

Au projet Interkulturo participe un ensemble de classes de régions du monde même très "périphériques" (de la Laponie à la Patagonie, du Japon en passant par le Népal et le Togo jusqu'au Canada), avec le but de s'échanger concrètement du matériel, des informations et des opinions sur des thèmes fixés au préalable.

Naturellement, il y aura surtout des échanges entre les classes du même degré scolaire (primaire, secondaire,...).


5. Coordination du projet

Afin de garantir une organisation scientifique et didactique du projet, un Comité scientifique, composé d'experts des pays où se trouvent les écoles participantes, aura la possibilité de suivre in situ les activités des classes et d'en promouvoir l'insertion et le développement, en coordination avec d'éventuels encadrements nationaux qui poursuivent le même but.

La coordination de l'initiative au niveau international, en particulier la planification et la mise sur pied de l'école virtuelle T. Sekelj, est demandée à une équipe promotrice, du Laboratoire de Pédagogie expérimentale de l'Université Rome 3.


6. L'école virtuelle "Tibor Sekelj"

Dans le but de faciliter la communication des données et la publication des résultats, les classes engagées dans le projet Interkulturo seront représentées sur le même site d'Internet, comme si elles formaient ensemble une seule école qui portera le nom de Tibor Sekelj. Autrement dit, l'école virtuelle sera constituée matériellement par un hypertexte multimédia, composé de pages WWW, articulé autour des "salles de classe", des "laboratoires", des lieux pour l'exposition et des services de gestion nécessaires pour atteindre les objectifs programmés.

Cette école virtuelle fonctionnera essentiellement comme suit:

  • En entrant dans une Salle de classe quelconque, les étudiants (et les visiteurs) pourront y trouver des renseignements sur le groupe-classe qui y demeure (portrait photographique, noms des étudiants, liste des enseignants avec leur discipline, plans de recherche concernant le projet Interkulturo, journaux de travail, une ou plusieurs fenêtres de courrier électronique, etc.).

  • En passant au Tableau d'affichage dans le couloir, ils pourront y afficher des messages collectifs ou individuels (propositions de contact, demandes de collaboration, communications sur les résutats obtenus,...).

  • A la Bibliothèque les élèves de l'école Sekelj consulteront des documents (écrits, iconographiques, sonores) qui contiennent des informations utiles pour leurs recherches, sur les caractéristiques physiques et culturelles des régions étudiées.

  • Le LIL (Laboratoire linguistique télématique) constituera une composante très importante de l'école virtuelle; les étudiants pourront y faire des exercices sur la langue étudiée.

  • Les professeurs pourront trouver dans la Salle des enseignants un environnement pour leurs réunions collégiales et une petite bibliothèque professionnelle spécialisée sur les problèmes de l'éducation "interculturelle".

  • Au Secrétariat, on pourra consulter le fichier des élèves et celui des professeurs.

  • A la Direction, les éducateurs pourront trouver les plans du projet Interkulturo, contacter non seulement le directeur de l'école, mais aussi les responsables des différents domaines, les organismes de soutien (Unesco, Ilei, UEA, etc.) et enfin ils pourront consulter la documentation sur l'état de réalisation du projet.

  • A l'entrée les classes pourront organiser leurs Expositions thématiques sur les résultats des recherches menées. Les visiteurs pourront les consulter selon les thèmes ou les classes.

  • Enfin à l'Accueil les visiteurs externes pourront recueillir des informations générales sur les buts et la structure du projet et même sur le fonctionnement de l'école virtuelle. Les informations seront écrites dans toutes les langues des classes participantes.

Evidemment il s'agit de parler d'une structure modulaire, graduellement extensible sur la base des exigences et des ressources disponibles rencontrées au cours des différentes phases du projet.


7. Recherches interculturelles

Dans l'école virtuelle T. Sekelj chaque classe collaborera avec les autres classes du même niveau sur des thèmes choisis de commun accord.

Concrètement, chaque semestre (septembre 1999 - mars 2000 - etc...) les classes, après avoir choisi un thème d'intérêt commun, recueilleront (et échangeront) la documentation. Chaque classe, après avoir analysé, comparé et élaboré le matériel reçu, préparera une petite exposition où elle pourra présenter ses synthèses et ses conclusions. Evidemment, autant que possible, on pourra consulter les expositions sur Internet.

Pour faciliter le choix des thèmes de recherche dès le début, la Direction de l'école va mettre à sa disposition un ensemble de pistes pour la recherche qui contiendront des indications sur les thèmes transversaux du point de vue géographique, des itinéraires de travail, des méthodes et des ressources d'information.

Ces pistes prendront en considération des problèmes universels avec des solutions localement variables. Voilà des exemples:

  • nutrition, production alimentaire, agriculture,...
  • communication, télécommunication, médias,...
  • systèmes d'écriture, langues, formules de salutation, prénoms,...
  • vêtements, climat, confection, modes,...
  • traditions, fêtes, solennités, calendriers,...
  • vie dans l'école, prix et punitions, apprentissages, systèmes scolaires,...
  • animaux (dans la maison, à la campagne, dans la nourriture, dans la confection,...)
  • artisanat, chefs d'oeuvre (monuments, musées,...), chansons, compositions musicales, films,...

Naturellement, il faut que les classes participantes aient à leur disposition des données élémentaires sur les régions étudiées, par exemple des cartes géographiques, des photos, qu'elles pourront même échanger avec les autres classes de l'école virtuelle.

En même temps une équipe d'enseignants, appartenant à un très grand nombre de pays, rédigera un fichier des régions, dans lequel chacun d'eux présentera les caractéristiques fondamentales du lieu où il demeure. Le fichier des régions constituera le noyau auquel accrocher, d'une façon hypertextuelle, d'autres pages sur la même région déjà présentes dans la Toile (WWW).


8. Apprentissage linguistique

Dans un projet scolaire où on étudie la variation et la spécificité des cultures locales et nationales (l'extrême variété linguistique de l'humanité incluse), le choix de la langue de travail, que les étudiants et les enseignants des différents pays doivent employer, a une importance stratégique.

  • Au premier abord, la décision la plus démocratique serait de donner à chacun la liberté de s'exprimer dans sa langue, même si cela implique des complications techniques et économiques. Toutefois, il est évident que de cette façon, tandis que le nombre des participants augmente, les barrières de l'incompréhension communicative réciproque grandissent.

  • Une solution moins démocratique, mais "à la mode" est d'utiliser les "grandes" langues (langues europen-occidentales). Mais évidemment ce choix est en fort contraste avec les objectifs éducatifs du projet même, fondé sur des principes d'égalité ethnique-culturelle.

  • La solution adoptée dans le projet Interkulturo est d'employer (et, s'il le faut, d'apprendre) la langue internationale espéranto, pour deux motivations différentes: l'une politique, l'autre didactique.

  1. la motivation politique: étant donné que l'espéranto n'appartient pas à une ethnie, l'utilisation de cette langue représente symboliquement le principe éducatif de l'égalité entre peuples et cultures (voir, par exemple, la Déclaration des droits de l'homme,...).

  2. la motivation didactique: les caractéristiques linguistiques de l'espéranto (simplicité, régularité, transparence syntaxique) rendent l'apprentissage si rapide que, déjà pendant le premier semestre, les classes pourront facilement s'en servir pour leurs communications et leurs présentations.

Pour stimuler l'apprentissage linguistique, les enseignants pourront exploiter tout moyen didactique qu'ils estiment adéquat, en partant de leurs conceptions professionnelles et de leur disponibilité.

Cependant, les organisateurs de l'école virtuelle Tibor Sekelj vont proposer des matériels d'apprentissage différents selon l'âge des élèves:

  • matériels à utiliser en classe;

  • matériel télématique.


9. Produits finaux

Selon les prévisions actuelles, le développement du projet dans les écoles va durer 2 ans (de septembre 1999 jusqu'en août 2001).

Naturellement, pendant ces deux années, il pourrait arriver que des étudiants participants au projet changent de classe; afin d'éviter que ces changements troublent l'apprentissage et la recherche, les activités du projet auront une périodicité semestrielle.

En effet, chaque semestre prévoit le développement d'une recherche autonome sur un thème interculturel et une phase d'apprentissage linguistique adéquate au réel niveau cognitif de la classe.

Nous avons l'intention de publier les principaux produits de la recherche menée dans les classes sur le site de l'école virtuelle Sekelj.

  • A la fin de la première et de la deuxième année on procédera à la vérification des apprentissages linguistiques acquis par les étudiants au moyen d'épreuves objectives standardisées.

  • A la fin de la première année, en août 2000 (probablement à Tel Aviv) on organisera un séminaire intermédiaire, avec la participation des représentants de classes et d'experts didactiques et scientifiques, pour discuter et vérifier l'état de réalisation du projet.

  • La conclusion du projet, en août 2001, sera caractérisée par un colloque international dans lequel on présentera et évaluera les résultats pédagogiques.

ILEI/UEA, Rome, Mai 1999


 


Nuna: Hejma-Français-Scolaweb-Ecole Tibor Sekelj

Iama: F.H.S. Orlando Posta: Homaranisme